Pas encore investi, François Hollande est déjà rattrapé par la réalité de la crise de l'Euro. François Hollande se rendra le 15 mai à Berlin pour rencontrer Angela Merkel afin d'essayer de dissiper les malentendus qui planent sur le dossier de la croissance européenne.
Le nouveau Président de la République Française suscite beaucoup de questions de la part de nos partenaires européens. Il se retrouve très seul aujourd'hui pour réclamer une révision du pacte de stabilité budgétaire, alors que la crise grecque perdure. Pour la majorité des dirigeants européens, il n'est pas question de remettre en cause les principes de redressement des finances publiques et surtout pas question de relancer des processus de croissance en oubliant de réaliser des réformes de compétitivité. La position d'Angela Merkel, Chancelière allemande, est on ne peut plus simple: "pas question d'ajouter de la dette à la dette existante".
Face à la crise européenne, François Hollande propose d'augmenter la capital de la Banque Européenne d'Investissement (BEI), de mobiliser les fonds structurels et d'instaurer une taxe sur les transactions financières. Pour un homme politique qui souhaitait le changement, c'est paradoxal. En effet, la hausse du capital de la BEI, la mobilisation des fonds structurels et la mise en place d'une taxe financière sont des idées lancées par Nicolas Sarkozy, preuve encore s'il en est que la politique menée pendant 5 ans ne fut pas si mauvaise que les critiques socialistes voulaient le montrer. D'ailleurs, la taxe sur les transactions financières a été votée et rapportera près d'1 milliard d'€ en attendant qu'elle soit mise en place à l'échelle européenne.
Aujourd'hui, la croissance ne peut être échangée contre la réduction du déficit, de la dette et donc des dépenses. C'est de cette manière que l'on retrouve la maîtrise de son destin. En effet, si on veut être indépendant des marchés financiers, il est préférable de ne pas avoir une somme colossale à rembourser.
La seule concession que peut faire l'Allemagne aujourd'hui, c'est de faire de l'inflation, ce qui lui fera perdre de la compétitivité, mais permettra à ses partenaires d'être plus à l'aise. Cela, à condition que tout le monde respecte la règle d'or d'équilibre des finances publiques. Tout le monde, même François Hollande.