Après s’être fait ridiculiser sur un échec à vouloir imposer un vaste pacte de croissance sur le plan Européen, âpres avoir balayé d’un revers de la main les propositions de réformes institutionnelles de l’Union européenne en juin 2012 par la chancelière Allemande, après avoir prononcé un discours particulièrement creux devant le Bundestag lors du 40ème anniversaire du traité Franco-Allemand, François Hollande veut relancer l’Europe.
Saluons cet acte de foi tardif exprimé lors de l’ennuyeuse conférence de presse que le Chef de l’Etat vient de donner il y a quelques jours, et espérons que des actes viendront concrétiser un indispensable besoin de renforcement de nos institutions. Une fois de plus la prise de conscience de François Hollande est trop décalée et les résultats qu’il faut attendre de ces promesses d’engagements seront insuffisants.
Au milieu de l’année dernière Angela Merkel et sa majorité avaient mis sur la table des dirigeants de l’Europe un impressionnant dispositif de propositions afin à la fois de coordonner les politiques économiques et sociales de notre continent et en contrepartie un renforcement spectaculaire du contrôle des instances Européennes en place et de celles qui devaient être créees ; un vaste transfert de pouvoirs économiques à l’échelle de l’Union et un contrôle démocratique indispensable afin de s’assurer de l’efficacité des actions.
L’administration Européenne allait enfin pouvoir être contrôlée par le peuple dans le cadre de l’élection du président de la Commission Européennes a suffrage universel. La cour de justice de l’Union allait voir ses pouvoirs renforcés afin d’obliger les Etats à respecter leurs engagements d’efforts et d’harmonisation. Enfin, un ministre de l’économie aurait été aussi mis en place pour impulser les politiques nécessaires.
Bernard Cazeneuve, ministre Français des affaires européennes avait alors affirmé sans que personne ne relève cette ineptie politique « que la réforme institutionnelle ne pouvait pas être un préalable aux réponses de la crise ».
François Hollande part tardivement à l’offensive, n’évoque pas la question institutionnelle du contrôle des instances actuelles et futures de l’Union et réclame un New Deal pour sortir l’Europe de la crise, c’est-à-dire un vaste plan de relance. C’est bien, mais il est à craindre que la prudence de ses propos et leurs décalages ne soient pas encore à la hauteur des enjeux.
Nous avons besoin d’une grande Europe orientée autour d’un vaste projet de développement humain et pour cela nous avons besoin d’une vaste réforme institutionnelle.
Bertrand Pancher