Avec la conférence de presse d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy dans la cadre du Conseil des ministres Franco-Allemand et les récentes déclarations du Président Français concernant les références au modèle d’Outre-Rhin, la campagne électorale sera marquée par les comparaisons avec notre voisin.
Il faut dire que les résultats Allemands sont époustouflants sur le plan économique. Alors qu’on ne cesse en France d’oublier le monde et de se replier vers un protectionnisme d’une autre époque, comment ne pas être frappé par la chute vertigineuse du chômage et l’essor du commerce extérieur dans un pays qui a dû payer au prix fort sa réunification ?
Ces résultats sont d’autant plus surprenants qu’ils sont le fruit d’un gouvernement de Gauche, lequel à l’époque avait décidé d’augmenter le temps de travail dans la fonction publique sans contreparties financières, relevé de façon importante l’âge de départ à la retraite et diminué les dépenses sociales. Alors que les collectivités locales qui disposent de compétences beaucoup plus larges que les nôtres, ne prélèvent pas d’impôts et sont financées par l’Etat, des réductions de budgets drastiques leur avaient été imposées.
Si le gouvernement Schroeder a perdu les élections qui ont suivies, il aura permis à son pays de s’engager dans un nouveau cycle de développement que l’on croyait impossible. Dans les années 80, Margaret Thatcher avait elle aussi, au Royaume-Uni, réussi un même exploit.
La France n’est pas l’Allemagne, ni l’Angleterre, il n’en demeure pas moins vrai que les réalités économiques sont les mêmes. En souhaitant en finir définitivement avec les 35 heures, par des négociations dans les entreprises, et en diminuant fortement le coût du travail par une légère hausse de la TVA, Nicolas Sarkozy aura pris les mesures qui s’imposent. On peut critiquer son style, brocarder sa façon de tout vouloir entreprendre, constater qu’il n’atteint pas toujours ses objectifs, personne ne lui reprochera la constance de ses engagements.
Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ? Parce que l’opinion publique n’était pas prête. Beaucoup de réformes de fond inimaginables ces dernières années ont été engagées : Le regroupement de nos universités, celui de nos régiments, la carte judiciaire, la non reconduction d’un fonctionnaire sur deux, et surtout celle des retraites laquelle a mis dans la rue des millions de Français. Et surtout nous avons dû faire face à la crise la plus importante depuis la seconde guerre mondiale et une nécessité de relancer nos économies.
Les questions économiques ne doivent pas masquer les autres sujets, et ils sont nombreux, il n’en reste pas moins vrai que davantage d’efforts nous permettront de réussir.
Bertrand Pancher