Après la mort de Mohamed Mérah sous les balles du Raid, l’enquête se poursuit concernant l’implication éventuelle de membres de sa famille et notamment son frère Abdelkader. Cette tuerie n’a pas été orchestrée par une organisation terroriste, mais est vraisemblablement le fruit d’un fanatique isolé doublé d’un cas psychiatrique.
Il est facile, en cette période électorale, pour certains candidats, de se faire remarquer en critiquant la façon dont les unités spéciales ont mis fin à la vie de ce fou-dangereux ou bien de pointer des disfonctionnements dans le renseignement en constatant que cet individu était fiché après ses passages en Afghanistan ou au Pakistan. 4 militaires du Raid ont été blessé sdans l’assaut et nous possédons les services de renseignements les plus expérimentés du monde. Les mêmes qui critiquent ne sont-ils pas les 1ers à fustiger un Etat de plus en plus policier ?
Le drame de Toulouse marquera l’opinion publique car il est hors du commun. Il traduit une rancœur contre le multi-culturalisme.3 militaires ont été froidement exécutés alors qu’ils étaient le symbole même de l’intégration. Il met en image pour la 1ère fois de notre histoire un assassinat d’enfants dans l’une de nos écoles. Il n’y a pas eu de drames comparables en Europe ces dernières années sauf celui d’Oslo, lui-même fruit d’une autre action isolée d’un déséquilibré.
Il serait bien imprudent de stigmatiser telle ou telle partie de notre population. Il n’en demeure pas moins vrai que nous devons nous poser les vraies questions. L’incapacité, d’abord, d’une partie de l’Islam de se moderniser, malgré les efforts louables de la majorité des pratiquants sur notre territoire. Quelles règles de conduite devons-nous imposer aux 10 000 salafistes présents dans notre pays? La difficulté, ensuite, de traiter de façon apaisée la question de l’intégration de tous les musulmans, 2ème religion de France. A poser continuellement le dogme d’un pays laïc ne refusons nous pas d’admettre le « fait religieux » et nous intéressons nous aux conditions de son développement dans la République? Enfin, la question du renforcement des contrôles et des sanctions pour nous protéger ne doit pas être taboue. Il est sain que le Président de la République, encore en fonction, lance le débat. Voulons-nous davantage de surveillance et donc un peu moins de libertés ?
Bertrand Pancher