La dernière ligne droite du premier tour des élections présidentielles donne l’image d’une France déboussolée.
Le « tout sauf Nicolas Sarkozy » , slogan de la quasi-totalité des concurrents au Président sortant ,aura masqué la faiblesse des propositions de ses adversaires ou leurs caracteres irréalistes, sauf celles, inaudibles,bien que courageuses et parfois visionnaires notamment sur le plan de l’Europe ,de François Bayrou. Il faut dire que le candidat du centre aura lui-même beaucoup perdu en crédibilité par certaines de ses surenchères.
Les intentions de votes des jeunes en sont l’une des illustrations, les moins de 25 ans plébiscitent les candidatures extrêmes, celle de Marine Le Pen qui fait de l’exclusion du rejet et de la sortie de l’Euro ses thèmes de campagne, celle de Jean Luc Melenchon qui prétend vouloir tout renationaliser et fait du « grand capital » le bouc émissaire de toutes les difficultés du monde. Un parfum d’entre les deux guerres souffle sur la vie politique Française.
Le terne François Hollande a débuté les premières semaines de sa campagne électorale par les propositions chocs dont il n’a eu de cesse de réduire la portée à tel point qu’il se fait ouvertement tanguer par ses alliés qui naivement avaient cru à sa parole. Il veut toujours faire passer la part du nucléaire en France de 75 à 50 % mais ne fermerait plus qu’une centrale. Il ne réserve plus la taxation des allocations familiales que pour les très riches, n’offrira finalement la retraite à 60 ans que pour certaines catégories très limitées du secteur privé, quant aux 50 000 fonctionnaires de plus dans l’enseignement, le caractère très progressif de leurs arrivées traduit son embarras, voire sa renonciation.
Eva Joly aura, quant à elle, tout raté, laissant à Melenchon la mission de s’emparer des thèmes environnementaux, un comble quand on sait combien la centralisation et le productivisme de la gauche néo-communiste sont incompatibles avec un développement paisible et visionnaire.
Quant au Président sortant, il aura subit un nombre invraisemblable d’attaques personnelles, ou caricaturales. Le Président des riches,du Fouquet’s, l’ami du CAC 40 et des grandes fortunes.Oublié le RSA,la régulation des marchés financiers,la sortie de la crise de 2008, la transparence de ses propres dépenses…Il faut dire que sur la forme,il tendit souvent le baton pour se faire battre...En cette fin de campagne réussira-t-il à renverser la tendance ? Nous n’allons pas tarder à le savoir. Si personne ne lui conteste sa capacité à poursuivre les réformes de fond dont notre pays a besoin, sa défaite serait liée à son incapacité à retrouver la confiance des Français et à montrer sa volonté de gouverner autrement. La forme était critiquable, le fond beaucoup moins
Pour faire confiance, les Français ont besoin de savoir qu’on les aime, qu’on les respecte et qu’on est à leur écoute. Ils ont ensuite besoin qu’on ne les trompe pas, même si le chemin à parcourir est difficile. Ils savent au fond d’eux mêmes qu’il n’est pas possible d’avancer sans s’appuyer sur de solides valeurs ; la générosité,la justice, l'effort ,le respect… Ils sont prêts à s'engager, mais pas dans n'importe quelles conditions. Un décalage par rapport aux slogans caricaturaux que l’on entend actuellement…
En ces temps trés difficile,il est encore temps de fixer le cap et la nouvelle méthode, c’est ce qu’attendent nos concitoyens.
Bertrand Pancher