Les responsables de la diplomatie des 27 pays de l’Union européenne vont se retrouver le 27 mai prochain afin d’examiner la poursuite voire l’aggravation des sanctions à l’encontre du régime de Damas.
Avec plus de 70 000 morts et le déplacement de plusieurs millions d’habitants, la Syrie est devenue la nouvelle poudrière du Proche Orient. L’attentat de ce weekend dans la ville de Reyhanli en Turquie, orchestré par les services de renseignement de Syrie, fait suite il y a quelques jours au bombardement de convois d’armements destinés au Hezbollah sur ce même territoire par Israël qui ne veut en aucune manière un renforcement du danger au Nord de ses frontières.
L’Iran s’implique dans ce conflit en soutenant les Chiites du Liban et ceux sur le territoire Syrien. La démocratie Turque, peuplée majoritairement de Musulmans, apporte un soutien logistique à la rébellion, aidée en cela par les puissances Sunnites, Arabie Saoudite et Quatar en tête… Tout comme plus indirectement les démocraties occidentales dont les USA et l’Union européenne. La Russie qui craint plus que tout un développement de l’extrémisme religieux dans ses territoires du Sud soutient jusqu’au bout le régime sanguinaire de Damas en l’inondant d’armements modernes.
Il ne faut pas parier sur l’enlisement du conflit, lequel va contribuer à déstabiliser les pays voisins comme le Liban et la Jordanie, puis à inonder l’ensemble de cette région d’armes et de terroristes. L’exemple du Mali illustre les conséquences d’une prolongation d’une guerre civile dans cette partie du monde. L’Europe va-t-elle prendre le risque de voir à ses pieds un conflit de grande envergure se généraliser ?
Face à une réticence des USA d’intervenir plus directement dans ce conflit, l’Union européenne, placée en 1ère ligne, aurait intérêt à passer à l’acte ou bien en aidant directement la rébellion ou bien en contribuant à installer au plus vite un gouvernement d’union nationale. La seconde hypothèse est très incertaine compte tenu des déclarations Françaises exigeant au préalable le départ de Bachar El Assad, il ne reste plus qu’à contribuer au plus vite à son renversement.
On ne pourra pas longtemps rester au milieu du gué…
Bertrand Pancher