François Hollande après une accumulation de cafouillages et de marches en arrière est intervenu lors de son 1er meeting de campagne au Bourget ce dimanche afin de fustiger « l’argent roi » et de promettre le retour à l’égalité. Vaste programme, pour reprendre la phrase célèbre du Général de Gaulle.
Nous ne pouvons tous que souscrire à ces engagements lyriques, cette volonté de « transmettre à nos enfants un monde meilleur ». Encore faut-il en avoir les moyens et répondre concrètement à l’inquiétude de nos concitoyens : comment réduire le chômage ? En finir avec l’accumulation des dettes ? Eviter que la zone euro n’explose et nous conduise au drame vécu récemment par nos voisins Islandais ? Comment ne pas nous engager à nouveau dans un matraquage fiscal ou bien exiger des contrepartiesà ceux qui s’installent dans une protection sociale …
Les mots qui chantent et le rêve qui s’installe risquent de faire croire aux Française et aux Français que demain sera meilleur sans que l’on ne change nos comportements ni que l’on ne remette en question quoique ce soit dans nos habitudes et notre façon de fonctionner.
Il y a, certes, des propositions intéressantes dans le (maigre) programme dévoilé par l’ex 1er secrétaire du parti socialiste: le non cumul des mandats (à condition qu’il nous indique comment il fera voter cette loi alors que tous les grands élus du PS sont parlementaires…), la création d’une grande banque d’investissement (déjà partiellement mise en place), la multiplication des sanctions contre les communes qui ne construisent pas assez de logement sociaux…Mais qu’est-ce qui peut réellement nous faire penser que notre pays va concrètement changer? Au contraire le retour aux vieux démons d’une Gauche dépensière, avec la fin de la non reconduction d’un fonctionnaire qui part à la retraite sur deux ou bien la suppression des prétendues « niches fiscales », c’est-à-dire concrètement la surimposition de nos concitoyens, montre assez clairement que le désenchantement succédera très rapidement à l’euphorie.
Dans ces conditions ne serait-il pas sérieux d’accrocher le rêve à la réalité ? De montrer la direction mais aussi la façon dont on pourrait s’y rendre sans embuches ? C’est cela qui a manqué vraiment au beau discours de François Hollande.
Bertrand Pancher